Belles Lettres

  • En septembre 2008, le président George Bush pouvait encore décrire la crise financière comme un événement localisé à Wall Street. En réalité, cette crise constitua une rupture violente qui eut des répercussions dans le monde entier, des marchés financiers d'Europe et du Royaume-Uni aux usines et aux chantiers navals d'Asie, du Moyen-Orient et d'Amérique latine, entraînant une redéfinition des relations de pouvoir. Aux États-Unis et en Europe, elle entraîna une remise en cause fondamentale de la démocratie capitaliste, ce qui conduisit finalement à la guerre en Ukraine, au chaos en Grèce, au Brexit et à Trump.
    Ces événements constituèrent la crise la plus grave dans les sociétés occidentales depuis la fin de la Guerre froide, mais était-elle inéluctable ? Et est-elle derrière nous ?
    Crashed est un ouvrage d'un type tout à fait nouveau mettant en lumière des phénomènes jamais analysés : la nature hasardeuse du développement économique et le cheminement erratique de la dette à l'échelle mondiale ; les liens invisibles unissant pays et régions dans des relations d'interdépendance financière et politique profondément inégalitaires ; la manière dont la crise financière a interagi avec l'essor spectaculaire des réseaux sociaux ; la crise de la classe moyenne américaine, l'essor de la Chine, et la lutte mondiale pour les énergies fossiles.
    Sur la base de cette analyse, l'auteur s'interroge sur les perspectives d'avenir d'un ordre mondial libre, stable et cohérent.

  • Quel est le point commun entre l'invention de la roue, Pompéi, le krach boursier de 1987, Harry Potter et Internet ?

    Pourquoi ne devrait-on jamais lire un journal ni courir pour attraper un train ?

    Que peuvent nous apprendre les amants de Catherine de Russie sur les probabilités ?

    Pourquoi les prévisionnistes sont-ils pratiquement tous des arnaqueurs ?

    Ce livre révèle tout des Cygnes Noirs, ces événements aléatoires, hautement improbables, qui jalonnent notre vie: ils ont un impact énorme, sont presque impossibles à prévoir, et pourtant, a posteriori, nous essayons toujours de leur trouver une explication rationnelle.

    Dans cet ouvrage éclairant, plein d'esprit d'impertinence et bien souvent prophétique, Taleb nous exhorte à ne pas tenir compte des propos de certains « experts », et nous montre comment cesser de tout prévoir ou comment tirer parti de l'incertitude.

  • En 1951, tournant le dos à son itinéraire l'ayant mené du socialisme national jusqu'à la collaboration idéologique avec Vichy, Bertrand de Jouvenel (1903-1987) publie au Royaume-Uni et en anglais The Ethics of Redistribution.
    Dans le prolongement de Du pouvoir (1945) qui lui avait valu une renommée internationale de penseur politique, cet opus, inédit en français, développe avec une sobre alacrité une critique de l'extension du « Minotaure » que représente l'institution naissante de l'État-providence par le biais de la redistribution massive des revenus. Sa thèse : un inquiétant transfert des pouvoirs de décision des individus s'accomplit ainsi au profit de l'État, toujours plus omnipotent. Jouvenel met à mal le mythe d'une redistribution ne sollicitant que les plus riches. La logique fiscale conduit nécessairement à ponctionner aussi les classes moyennes. Une analyse singulièrement iconoclaste et prémonitoire.

  • Un prémonitoire pavé dans la mare d'une "liberté numérique" maximale : voici ce que pourrait bien être ce Plaidoyer signé de Lysander Spooner (1808-1887), figure majeure de l'anarcho-individualisme américain.
    Paru en 1855 sous le titre The Law of Intellectual Property, ce texte rappelle qu'au coeur du débat sur la légitimité du droit de propriété intellectuelle se trouvent le droit naturel de l'individu et le caractère absolument primordial du consentement des créateurs à tout usage de leurs oeuvres. Si tout travail productif procède d'abord d'une idée, le droit de propriété intellectuelle est la plus haute expression du droit de propriété en général.
    Bien que le contexte ait radicalement changé, la rationalité de l'argumentaire de Spooner conserve toute sa pertinence. Face à un insidieux et démagogique processus de collectivisation des oeuvres culturelles, cet opus ouvre des pistes de réflexion fondamentales.

  • L'économie américaine devient-elle japonaise ?
    Suit-elle le chemin qui a conduit le Japon dans cette dépression douce où il reste englué depuis dix ans ?
    Et va-t-elle vers un inéluctable effondrement ?

    Pour répondre à cette question, William Bonner analyse sous l'angle de l'histoire et de la philosophie morale, mais sans négliger l'aspect économique, plusieurs étapes cruciales du développement du monde industriel et explique notamment :

    Pourquoi a éclaté la bulle boursière de l'âge de l'information, en examinant la réalité d'entreprises telles qu'Amazon.com, Cisco systems ou Global crossings ;
    Pourquoi la consommation galopante des ménages américains, fondée sur le crédit et non sur l'épargne, a surchauffé l'économie US, en l'amenant au bord de l'explosion ;
    Pourquoi le miracle économique japonais s'est soudain écroulé, et ne s'est pas relevé malgré une politique monétaire censée y remédier ;
    Pourquoi la Guerre de Sécession comme toute guerre en général a conduit à la création d'un système de banque centrale ;
    Pourquoi les aventures financières de John Law, au XVIIIe siècle, annonçaient la spéculation autour des dot com à la fin du XXe siècle ;
    Pourquoi le vieillissement de l'Occident menace plus notre économie que les politiques gouvernementales.

    Tirant les leçons trop négligées des événements passés, William Bonner propose en conclusion des solutions originales et argumentées pour permettre au lecteur de survivre financièrement face à la crise qui vient.

    William Bonner est le fondateur et président du groupe international Agora Publishing, qui édite des lettres d'analyse financière comptant un million d'abonnés dans le monde ; il est aussi le créateur et l'éditorialiste du Daily Reckoning, quotidien économique diffusé par internet à 500 000 lecteurs. Américain et amoureux de la France, il vit à Paris et dans le Poitou.

    Addison Wiggin est analyste financier.

    Avant-propos de Jim Rogers.
    Traduit de l'anglais par Françoise Garteiser et Régine Hollander.

  • Le titre ne doit pas tromper : dans la perspective de Wilhelm Röpke (1899-1966), l'un des chefs de file de l'influente école allemande de l' "ordolibéralisme" pendant les années 1935-1965, aller "au-delà de l'offre et de la demande" ne revient pas à dépasser et encore moins répudier l'économie de marché, mais à la réintégrer dans un lien social et un ordre moral aux connotations parfois très conservatrices. Et s'il récuse le laissez-faire utilitariste, l'auteur ne ménage pas davantage ses critiques à l'encontre de Keynes et surtout de l'État providence et du "socialisme fiscal" - accusés de conduire à un collectivisme liberticide et ruineux.
    Donnant accès à la pensée parvenue à pleine maturation d'un néolibéral "social", cette réédition de la traduction de Jensseits von Angebot und Nachfrage (1958) jamais republiée depuis 1961 vient d'autant plus à son heure qu'elle éclaire le sens originel de l'idée d' "économie sociale de marché" (dont Röpke fut, avec Walter Eucken et Ludwig Erhard, le promoteur intellectuel) convoquée dans les récents débats sur la Constitution européenne puis ceux relatifs à la crise économique commencée en 2008.

  • André Alciat (1492-1550), fondateur de l'humanisme juridique, est aussi, par ses Emblemata (publiés en latin pour la première fois en 1531 à Augsbourg avec les illustrations de Jorg Breu, réédités enrichis à diverses reprises et traduits en diverses langues jusqu'à la mort de l'auteur), le protos eurétès d'un genre fondé sur l'association dans la page d'un titre, d'une épigramme et d'une image. Ce genre a joui pendant plusieurs siècles d'une fortune considérable dans toute l'Europe et a mobilisé depuis des décennies les travaux de nombreux savants réunis dans une Société internationale.
    Il est donc étonnant que jusqu'à présent on n'ait pu lire cet ouvrage fondateur dans sa forme définitive (les deux-cents onze épigrammes qui en composent le full stream) dans aucune édition moderne, et à plus forte raison traduite et annotée : l'édition avec traduction italienne de Maria Antonietta de Angelis (Salerne, 1984) est fondée sur l'édition Steyner de 1531 (104 emblèmes), celle de Mino Gabriele (Milan, 2009), avec traduction italienne également, ne prend en compte que les éditions de 1531 et 1534. Pierre Laurens a publié en 1997, en fac-simile, l'édition complète en se basant sur l'édition lyonnaise Macé-Bonhomme de 1551 (les 211 emblèmes classés par lieux communs, intégrant notamment les 86 nouveaux emblèmes de l'édition aldine de 1546 et illustrés par les vignettes de Pierre Vase) précédée d'une solide préface et pour la première fois suivie d'une concordance entre les différentes éditions, mais elle ne comportait toutefois ni traduction ni annotation. C'est cette lacune (qui ne l'a pas empêchée d'être regardée jusqu'à aujourd'hui comme l'édition de référence), que la présente publication entend remédier.
    À la préface originelle de Pierre Laurens, mise à jour et sensiblement enrichie par la discussion des contributions postérieures à 1997, s'ajoute désormais, et pour la première fois dans notre langue depuis le XVI e siècle, une traduction inédite. Pierre Laurens a choisi de rendre justice à ce texte poétique en procurant des épigrammes une version française rythmée et suivie vers à vers. Rédigée par Florence Vuilleumier-Laurens, l'annotation, qui fait une place aux problèmes textuels, éclaire à l'intention du lecteur les principales difficultés historiques ou érudites, mais est essentiellement centrée sur l'identification des sources, certaines connues de longue date grâce aux grands commentaires latins de Mignault, Sanchez, Thuyllius, et d'autres (notamment les sources relevant de l'épigraphie et de la numismatique) fruit de la recherche récente dont les deux auteurs ont pris largement leur part.

  • « Hormegeddon » est le terme inventé par l'économiste et entrepreneur William Bonner pour décrire la catastrophe produite par le mauvais dosage d'une bonne chose dans les institutions publiques, les finances ou l'entreprise. Autrement dit : trop de bien mène au désastre.
    S'appuyant sur des exemples tirés de notre histoire politique moderne dans son ensemble - Depuis la campagne de Russie de Napoléon jusqu'à l'effondrement imminent du système de protection de la santé américain, du déclenchement de la Seconde Guerre Mondiale et de la chute du Troisième Reich à la guerre contre le terrorisme du XXIe siècle, de la Grande Récession à la crise financière souveraine - William Bonner poursuit une ambition des plus modestes : essayer de percevoir ce qui a mal tourné.
    L'Histoire n'est pas écrite par ses vainqueurs. C'est un long récit de tout ce qui est parti en sucette - débâcles, catastrophes et désastres. Que chacun de ces désastres porte en lui des signes annonciateurs est un sujet digne d'attention. Par exemple, si l'architecte d'un grand navire vous dit que « même Dieu ne pourrait pas couler ce bateau », vous devriez prendre le prochain. Si le marché vend à vingt fois plus qu'il n'acheté et que tous les experts vous pressent « d'en être » parce que « vous ne pouvez pas perdre », n'en soyez pas.
    De la même façon, vos déconvenues dans les institutions publiques sont le résultat du même « titanique » degré de certitude de personnes éclairées et bien intentionnées qui appliquent aux problématiques de longues issues une logique de plan d'action adaptée aux solutions à court-terme.
    Premièrement, vous observez une descente en flèche de vos retours sur investissements (de temps comme de ressources) jusqu'à heurter le sol. Puis, si vous vous obstinez à descendre en-dessous de ce niveau - et vous vous obstinez toujours - vous ne pouvez échapper à la catastrophe.
    Le problème étant que cette catastrophe ne peut être évitée par les personnes éclairées et de bonnes intentions, puisque ce sont elles qui l'ont engendrée au départ.
    William Bonner a tiré de ces réflexions l'Hormegeddon, ce phénomène qui survient lorsqu'une petite dose de quelque chose de productif conduit à un résultat favorable, mais tourne au désastre si l'on augmente la posologie. À travers de nombreux épisodes de l'Histoire, de l'économie et des affaires, il tisse le contexte permettant de comprendre ce danger anonyme et trop largement méconnu.

  • Le présent ouvrage est un abrégé de L'Action Humaine, traité d'économie, le magnum opus de Ludwig von Mises, un auteur central de l'école autrichienne et l'un des plus grands penseurs de l'économie. Publiée en 1949, l'oeuvre originale compte près de mille pages.
    Bien qu'actuellement occultée par le mainstream néoclassique, la tradition autrichienne est fidèle aux idées qui ont prévalu depuis les origines de la réflexion économique jusqu'au début du vingtième siècle. Elle incarne une conception réaliste de la discipline économique qui refuse le modèle réducteur de l'homo conomicus et l'étude des équilibres pour s'intéresser aux processus de changement et aux relations causales entre les événements.
    Ces idées forment pour l'étude du marché, de la monnaie, des crises économiques, de l'entreprise et des structures industrielles modernes une base autrement plus solide que le paradigme néoclassique. Elles sont progressivement redécouvertes par les économistes et de plus en plus validées par l'évolution de la réalité.
    L'Action humaine les expose de façon systématique dans un langage accessible à tous, et constitue de plus une défense particulièrement éloquente de la liberté au-delà même de son aspect économique. À ce titre, cet ouvrage devrait faire partie de la bibliothèque de tout "honnête homme".




  • Si Raymond Aron a pu dire de lui : « Son idéal est le libéralisme authentique », Franz Oppenheimer (1864-1943) est surtout l'un des tous premiers théoriciens du socialisme libéral. Il est l'auteur de deux ouvrages fondamentaux L'État, ici dans son intégralité, et L'Économie pure et l'économie politique, dont on trouvera de larges extraits dans lesquels il développe sa célèbre opposition entre les « moyens économiques », fondés sur le libres rapports d'égalité, et les « moyens politiques», fondés sur le vol et l'exploitation des faibles par les détenteurs du pouvoir.
    À la critique radicale de l'État, support de la violence politique, il associe la critique de l'ordre capitaliste, corrompu par une répartition de la propriété historiquement issue de la violence politique.
    Renvoyant dos à dos marxistes et libéraux conservateurs, il propose une troisième voie, qui concilierait Adam Smith et Proudhon : l'émancipation des travailleurs par la coopération et le libre échange des « moyens économiques ».Vincent Valentin est maître de conférences à l'école de droit de la Sorbonne (Paris 1), auteur des Conceptions néo-libérales du droit (Economica, 2002). Aux Belles Lettres on lui doit l'édition des textes de Pierre-Joseph Proudhon, Liberté partout et toujours (2009) ainsi que, avec Alain Laurent, Les Penseurs Libéraux (2012).

  • Parus en 1978, onze ans après les essais de philosophie, de science politique et d'économie, ces nouveaux essais rassemblent des articles et conférences de la période 1966-1976 et préfigurent les thèses que hayek expose de manière quasi simultanée dans les trois volumes de son opus majeur, law, legislation and liberty (1973-1979).
    Si le plus célèbre de ces textes est sans doute celui du discours prononcé en décembre 1974 à stockholm pour la réception du prix nobel de sciences économiques marquant la prédilection du premier des théoriciens " néo-libéraux " pour la philosophie cognitive, les autres attestent à nouveau de la variété de ses intérêts intellectuels. ils concernent aussi bien les problèmes de la démocratie et de la définition rigoureuse du libéralisme que ceux du chômage, de l'inflation et de la justice sociale.
    Sans oublier l'histoire des idées, oú l'on découvre en particulier l'importance que l'auteur accordait à keynes - l'homme autant que les idées, soumises à une réfutation en règle.

  • Quel est le point commun entre l'invention de la roue, Pompéi, le krach boursier de 1987, Harry Potter et Internet ? Pourquoi ne devrait-on jamais lire un journal ni courir pour attraper un train ? Que peuvent nous apprendre les amants de Catherine de Russie sur les probabilités ? Pourquoi les prévisionnistes sont-ils pratiquement tous des arnaqueurs ? Ce livre révèle tout des Cygnes Noirs, ces événements aléatoires, hautement improbables, qui jalonnent notre vie : ils ont un impact énorme, sont presque impossibles à prévoir, et pourtant, a posteriori, nous essayons toujours de leur trouver une explication rationnelle.
    Dans cet ouvrage éclairant, plein d'esprit et d'impertinence, Taleb nous exhorte à ne pas tenir compte des propos des " experts ", et nous montre comment cesser de tout prévoir ou comment tirer parti de l'incertitude.

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