Seuil

  • On peut dire que le grand gagnant de la crise du coronavirus est Amazon. Tandis qu'à la mi-avril 2020, la pandémie approchait de son moment le plus critique, la valeur des actions de la firme augmentait de 30 % par rapport à l'année précédente ; et en l'espace de seulement deux mois, la fortune nette du PDG Jeff Bezos augmentait de 24 milliards de dollars. Comme le résume un analyste de l'industrie numérique : «Le Covid-19 a été comme une injection d'hormones de croissance pour Amazon.» L'enquête d'Alec MacGillis débute bien avant la crise sanitaire actuelle.

    Sa méthode est simple et efficace : c'est par une mosaïque d'approches et de vies que l'on comprend le mieux un système, comment ce dernier affecte ceux qui entrent en contact avec sa trajectoire. À la manière des grands reportages littéraires, Le Système Amazon décortique l'implacable machine et ses rouages à travers une impressionnante série de portraits et de tableaux.

    À Seattle, ce sont les cadres bien rémunérés de la firme qui accélèrent la gentrification d'un quartier populaire historique ; dans une banlieue de Virginie, ce sont des propriétaires qui tentent de protéger leur quartier de l'impact environnemental d'un nouveau data center Amazon ; à El Paso, ce sont des petites entreprises de fournitures de bureau qui tentent de résister à la prise de contrôle par Amazon de l'ensemble des marchés publics ; à Baltimore, c'est un entrepôt qui remplace une usine sidérurgique légendaire, etc.

    Il montre également comment la firme est devenue un lobby à part entière à Washington, l'auteur poussant les portes du gigantesque manoir de Jeff Bezos, dans le quartier de Kalorama, où l'on croise lobbyistes, députés, sénateurs et membres du gouvernement.

    Plus qu'un énième pamphlet sur l'impact destructeur du géant jaune au large sourire, ce livre, fruit d'années d'enquête, offre à lire le récit édifiant d'une société sous emprise.

    De centres de livraison en data centers, de campus d'entreprises en entrepôts du mastodonte, visitez un autre monde, en proie à son Amazonisation, qui se divise entre gagnants et perdants, entre vies déconnectées et vies broyées par ce système.

    En stock

    Ajouter au panier
  • Entre promotion du marché et assistance, les solutions imaginées par les économistes pour lutter contre la pauvreté n'ont pas produit les miracles attendus. Cet échec pourrait-il être dû aux failles des théories plutôt qu'au caractère écrasant de la tâche ?
    C'est cette hypothèse que défend cet ouvrage. Les experts ont pris l'habitude de décider à la place des pauvres de ce qui est bon pour eux sans prendre la peine de les consulter. Abhijit V. Banerjee et Esther Duflo ont initié la démarche inverse. Plutôt que de s'interroger sur la cause ultime de la pauvreté, ils se sont intéressés aux choix qu'opèrent les pauvres en matière de consommation, de mode de vie et d'éducation afin de tester expérimentalement l'efficacité des méthodes préconisées pour améliorer leur sort. Faut-il distribuer gratuitement de la nourriture aux quelque 800 millions de personnes qui vivent avec l'équivalent ou moins de un dollar par jour ? Vaut-il mieux donner ou vendre les moustiquaires qui protègent du paludisme ? La microfinance est-elle le remède espéré pour sortir des " pièges de la pauvreté " ?
    À distance des réflexes partisans, ce livre aborde ainsi le défi du combat contre la pauvreté comme une série de problèmes concrets qui, une fois correctement identifiés et compris, peuvent être résolus un à un.

  • À partir d'une cartographie rigoureuse de la situation présente de l'Afrique, Carlos Lopes trace les voies d'un avenir qui ne se laisse réduire ni à sa dissolution dans la globalisation néolibérale, ni à l'essentialisation d'une culture et d'une identité marquées au coin de la diversité. Pour les solides raisons qu'il expose - économiques, mais aussi démographiques et écologiques -, c'est l'avenir du monde qui se joue en Afrique, et pas seulement celui des Africains. Son livre prend ainsi à rebours la philosophie de l'histoire proprement occidentale, selon laquelle l'histoire aurait un sens déjà écrit, celui d'un « développement de l'humanité » qui obligerait les pays les « moins avancés » (ou « en voie de développement ») à suivre la voie déjà tracée par les pays « avancés » ou « développés ».
    Aujourd'hui, il est clair que le modèle de développement incarné par l'Occident depuis la Première Révolution industrielle a entraîné le monde dans une impasse. Étant le moins engagé dans ce modèle, l'Afrique est le continent le mieux placé pour en inventer un autre, qui tire les leçons de cette impasse. Telle est la perspective tracée par Carlos Lopes, perspective tonique pour une jeunesse africaine nombreuse, invitée à s'affirmer dans l'action plutôt que dans la réaction postcoloniale ou les identifications chromatiques.

  • Cet ouvrage vient couronner une oeuvre majeure mais principalement constituée d'articles fondamentaux (parmi les plus cités dans la littérature académique). C'est le premier et le seul livre de l'auteur qui s'attache à formuler les principes et le cadre analytique d'une sociologie économique. Mais c'est plus que cela en réalité, car la façon dont procède Granovetter ne consiste pas à installer une discipline nouvelle concurrente des autres et notamment de la science économique. Il s'agit de montrer qu'aucune activité économique ne peut être comprise sans tenir compte des normes, des conventions, de la confiance, du pouvoir et des institutions sociales, et donc que l'on comprend mieux l'économie et la société en dépassant les frontières entre les disciplines. En combinant méthodes et résultats de la sociologie, l'économie, la psychologie et l'histoire, l'auteur propose un modèle interactionniste qui dépasse les clivages élémentaires (agent/système, individualisme/holisme) et il décrit les dynamiques complexes qui articulent constructions mentales et sociales, stratégies individuelles et évolution institutionnelle. En plus d'un livre de référence attendu, voilà une invitation stimulante et bienvenue à ouvrir les portes et les cerveaux dans toutes les disciplines qui traitent de questions économiques.

  • Ce livre raconte l'avènement de l'« économie comportementale », dont Richard Thaler est l'un des principaux pères fondateurs. En combinant la psychologie expérimentale et l'étude concrète des marchés, cette nouvelle discipline refonde l'analyse économique sur les comportements réels des êtres humains, et non plus sur la fiction de l'homo oeconomicus. Autrement dit, elle sape les fondements de la science officielle (mainstream) qui ne croit qu'aux marchés efficients agis par des acteurs rationnels prenant toujours la meilleure décision possible. Quarante ans de recherches ont en effet définitivement établi que les consommateurs, les entrepreneurs, les traders, les investisseurs, les chauffeurs de taxi, etc., pensent et agissent bien souvent de travers par rapport à la fiction du choix rationnel. Plutôt que de rédiger un manuel, Thaler a choisi de rendre ces découvertes accessibles à un large public, en racontant sa vie de chercheur, ses quarante années de combat contre la doxa régissant les universités américaines. Cela donne un livre vivant et plein d'humour, grâce auquel chacun comprendra mieux ses propres comportements erronés (misbehaving), certes déviants de la rationalité économique, mais qui font de nous des humains, et non pas ces extraterrestres qui peuplent les manuels d'économie. Thaler nous dévoile aussi comment la compréhension de nos modes de raisonnement réels peut nous aider à prendre de meilleures décisions dans notre vie personnelle, dans la gestion des affaires économiques ou dans la conduite des politiques publiques.

  • Galbraith fait une revue critique des grilles de lecture de la crise ; il explique pourquoi tant d'économistes ne l'ont pas anticipée et restent impuissants à comprendre sa nature. Il montre comment la droite et la gauche sociale-libérale sont également incapables d'en sortir. Des gouvernements de tous bords se fourvoient et aggravent la crise en optant pour la baisse des coûts salariaux et des dépenses publiques. Mais les keynésiens de gauche se trompent aussi quand ils espèrent restaurer la croissance et le plein-emploi par une relance de la demande. S'ils ont raison de rejeter les politiques d'austérité, ils ont tort de croire au possible retour d'une forte croissance. Le coût élevé de l'énergie et la nécessité de contrer le changement climatique imposent désormais une limite structurelle à l'expansion.
    Pendant trente ans, la finance spéculative et l'excès de crédit ont masqué cette réalité en nourrissant une croissance artificielle qui a débouché sur l'effondrement du système financier. En outre, la croissance crée moins d'emplois en raison des nouvelles technologies. Il nous faut donc penser une sortie de crise vers un régime durable de faible croissance, en trouvant le moyen d'assurer une activité et un revenu pour tous. Dans ce nouveau régime, il faudra notamment relever le salaire minimum, renforcer la protection sociale, réduire le temps de travail, remplacer la finance privée par un service public bancaire., bref : promouvoir tout ce que dénigre aujourd'hui le nouveau gouvernement Valls !

  • Lorsqu'en 1871 Carl Menger (1840-1921) publie ses Principes d'économie politique - en quête d'une voie alternative au libre-échangisme britannique et au socialisme historique allemand -, il offre l'un des grands livres pivots dans l'histoire de la pensée, à la hauteur de La Richesse des nations (Smith), de la Théorie générale (Keynes) ou du Capital (Marx). En effet, aux côtés de Walras et de Jevons (mais bien différemment d'eux), il inaugure une économie théorique pure et engage la « révolution marginaliste » qui constitue le moment fondateur du courant dominant (et contesté) de la science économique contemporaine.
    Menger pose en même temps la pierre fondatrice de l'« école autrichienne » (Böhm-Bawerk, Schumpeter, Mises, Hayek) dont la méthodologie et la philosophie individualistes imprègnent et font débat dans l'ensemble des sciences humaines et sociales.
    Or cette oeuvre majeure n'était accessible ni en français ni avec les fort nombreux ajouts manuscrits que Menger apporta, jusqu'en 1910, en vue d'une nouvelle édition amplement augmentée. Vingt années durant, Gilles Campagnolo a collecté et traduit ces manuscrits dispersés à l'étranger après la mort de Menger. Son édition critique, unique au monde, est la première à restituer cette oeuvre classique au plus près du nouveau texte voulu par son auteur.
    Le texte de Menger est précédé d'un historique des éditions et suivi d'un appareil critique complet. Dans la présentation éclairante qui ouvre ce volume, G. Campagnolo donne les clés pour comprendre l'oeuvre de Menger et la resituer dans son contexte historique et intellectuel.

  • L a mondialisation est-elle irréversible ? vide-t-elle les démocraties de leur contenu en plaçant hors de leur portée les mutations économiques et sociales qu'elle engendre ? condamne-t-elle les mouvements de gauche à une posture de résistance sans alternative ? à toutes ces questions, beaucoup répondent volontiers positivement.
    Pourtant, la comparaison de notre mondialisation avec celle qui, de 1870 à 1914, transforma l'économie nord-atlantique, souligne la faiblesse de ces analyses. la " première mondialisation ", si l'on considère notamment l'expérience de la france, n'empêcha pas les etats de mettre sur pied des politiques de redistribution et de jeter les bases de ce qui deviendrait un jour l'etat-providence. en outre, elle rencontra sur son chemin une gauche internationaliste qui y vit une occasion de sceller la solidarité entre travailleurs par-delà les frontières.
    Enfin, cette mondialisation que nombre de nos prédécesseurs voyaient déjà comme le nouveau sens de l'histoire se fracassa sur la première guerre mondiale. dans cet essai, suzanne berger fait du regard sur l'histoire un regard sur nous-mêmes, nos défaillances, nos erreurs et nos raisons d'espérer.

  • L'ouvrage qui vaut à polanyi une renommée mondiale (la grande transformation, paru en 1944) ne fut traduit en français qu'en 1983, signe (et cause aussi) d'une trop longue négligence pour un auteur désormais reconnu pour son apport incontestable aux sciences humaines et sociales.
    Juste retour du balancier, ce relatif oublia laissé la place à une attention croissante. ce regain d'intérêt est d'autant plus fondé que la pensée de polanyi est d'une étonnante actualité. ii est en effet le penseur par excellence de la "société de marché" et de la crise à laquelle s'expose une société où la logique de l'économie marchande en vient à dominer toutes les sphères de l'activité humaine.
    Actuel, polanyi l'est encore par sa conception d'un socialisme radicalement démocratique censé accomplir l'idéal moderne de liberté, par le poids qu'il accorde à la culture et aux institutions dans l'analyse des systèmes économiques, par sa méthode pluridisciplinaire et par tant d'autres traits qui en font une référence aujourd'hui incontournable dans toutes les sciences sociales. ces textes (pour la plupart inédits en français) offrent un panorama de la pensée de polanyi.
    On y trouvera bien sûr des clefs pour accéder au coeur de la grille d'analyse proposée dans la grande transformation, mais aussi un outil rassemblant l'essentiel des contributions de polanyi à l'anthropologie économique, à l'étude comparée des systèmes économiques, à la philosophie politique, à l'analyse des systèmes et des idéologies qui s'affrontèrent au xxe siècle (socialisme, communisme, fascisme, nazisme).

  • Le 15 janvier 1947, le corps d'une jeune femme, Elizabeth Short, est retrouvé coupé en deux dans un terrain vague de Los Angeles. Ce meurtre particulièrement horrible, - la victime a été battue de façon absolument ignoble avant d'être achevée, puis coupée en deux -, fait aussitôt la une de tous les journaux. L'enquête commence, mais après quelques petites avancées, ne donne rien.
    Deux ans plus tard, un jury d'accusation est convoqué et demande aux enquêteurs du District Attorney de Los Angeles de mener une enquête indépendante : il s'avère qu'inefficace, - les meurtres de femmes continuent -, la police de Los Angeles est aussi très corrompue.
    Les enquêteurs du District Attorney auront bientôt un suspect, mais ne donneront jamais son nom. Et pendant un demi siècle l'affaire passera d'inspecteurs de police en inspecteurs de police sans être jamais résolue.
    Jusqu'au jour de mai 1999, où l'ex-inspecteur des Homicides du LAPD, Steve Hodel, l'auteur de ce livre, tombe, dans les papiers de son père qui vient de décéder, sur une photo qui le bouleverse : celle d'Elizabeth Short. Que vient faire dans le portefeuille de son père la photo du Dahlia Noir oe
    Le flic qu'il est toujours ne peut pas faire autrement que de se lancer dans une enquête qui va lui prendre deux ans de sa vie et, horreur des horreurs, lui donner la solution non seulement de ce meurtre mais de bien d'autres encore,
    - dont celui de la mère de James Ellroy.

  • Robert ezra park (1864-1944), qui fut longtemps journaliste avant de devenir, sur le tard, sociologue à l'université de chicago, a consacré une partie importante de ses travaux au rôle de la presse dans la création et l'évolution d'une culture démocratique.
    Cet ouvrage est la première traduction en français des principaux essais sur ce sujet de l'un des fondateurs de l'ecole de chicago, qui fait toujours autorité en sociologie urbaine. il y analyse les transformations du journalisme depuis le xixe siècle, l'invention de l'"information" (les news), la notion de "public", par opposition à la foule, et son importance en démocratie. les textes de park continuent d'éclairer nos réflexions les plus contemporaines sur les sociétés médiatiques, particulièrement dans le contexte de révolution industrielle et de crise démocratique traversé aujourd'hui par la presse française.
    Textes présentés par géraldine muhlmann, professeur de science politique et de philosophie politique à l'université panthéon-assas (paris-il), et par edwy plenel, journaliste, professeur associé à l'université montpellier-i

  • L'enjeu de la crise grecque dépasse largement la Grèce. C'est l'avenir de l'Union européenne qui s'y dessine. Tandis que les Grecs avaient mandaté Alexis Tsipras pour rejeter les plans d'austérité et renégocier la dette, l'Europe a fait bloc pour refuser toute concession et imposer la poursuite d'une politique insoutenable. L'histoire de cette crise est une véritable tragédie européenne, que l'auteur met ici en évidence. Galbraith, ami de longue date de Yanis Varoufakis, a résidé en quasi-permanence à Athènes au cours des six mois clés de cette tragédie. Il a animé une équipe conseillant Tsipras et Varoufakis, accompagné ces derniers à Bruxelles et à Berlin. Ce livre donne à voir et à comprendre ce moment essentiel de notre histoire, en reprenant les analyses développées par l'auteur à chaque étape des négociations. On y découvrira comment la rationalité économique, soutenue par les Grecs, s'est trouvée anéantie par les calculs politiques de leurs partenaires, inconscients du fait qu'ils ruinaient ainsi le projet européen.

  • Ce livre part d'un seul et unique fait juridique dans l'histoire de l'Occident : le pirate est le prototype de « l'ennemi de l'humanité ».Longtemps avant les droits de l'homme, avant les organisations humanitaires, avant la codification du droit international par les penseurs des Temps Modernes, les hommes d'état de la Rome antique voyaient en lui « l'ennemi de tous ». Comme Cicéron en a fait un jour la remarque, il existe des adversaires avec lesquels un état de droit peut faire des guerres, signer des traités et, si les circonstances le permettent, cesser les hostilités. Ce sont les justes belligérants de l'autre camp, qui, étant par principe les égaux des combattants de la puissance publique, peuvent toujours prétendre à  certains droits. Mais il y a aussi un autre type d'ennemi : un adversaire injuste, indigne de tels droits. C'est le pirate, que Cicéron appelle, pour cette raison, « l'ennemi commun à  tous ».Plus tard, aux Temps Modernes, les philosophes du droit et de la politique ont fait un pas de plus. Ils ont élaboré une idée que l'on peut, historiquement, rattacher en droite ligne à  celle de « pirate » : la notion d' « ennemi de l'humanité », qui nous est aujourd'hui si familière à  tous.Dans ce livre, Daniel Heller- Roazen propose une généalogie de cette idée, cernant les diverses conditions juridiques, politiques et philosophiques dans lesquelles il a été possible de concevoir un sujet aussi exceptionnel qu'un « ennemi de tous ».Le livre de Daniel Heller-Roazen est motivé par une hypothèse : le paradigme du pirate a pris aujourd'hui une importance considérable, extrême. Comment et pourquoi l' « ennemi de tous » est-il devenu une figure contemporaine cruciale Daniel Heller-Roazen est professeur de littérature comparée à  l'Université de Princeton aux états-Unis. Il a publié, dans la même collection, écholalies. Essai sur l'oubli des langues (2007).

  • Chaque jour ou presque vous devez affronter des discussions difficiles avec votre patron, votre conjoint, vos amis, vos voisins, vos enfant.
    Et trop souvent, malgré tous vos efforts, la discussion tourne mal. vous êtes sûr d'avoir raison et que votre interlocuteur ne comprend rien ou ne veut pas comprendre. mais, de son côté, il éprouve exactement les mêmes sentiments. la discussion est sans issue. les choses vont de moins en pis. la colère, la culpabilité ou la frustration se bousculent dont un indescriptible gâchis. comment s'en sortir ? faut-il toujours dire le fond de votre pensée et risquer une brouille ? est-il préférable de niveler vos états d'âme et de ruminer votre humeur en silence ? devez-vous céder pour avoir la paix, ou montrer de quel bois vous vous chauffez ? et si vous aviez tort ? comment mener les discussions difficiles vous ouvre la porte de sortie de tous ces dilemmes.
    Après quinze années de recherches et des milliers de consultations, les auteurs vous initient à une méthode éprouvée, concrète et systématique permettant de comprendre et de gérer ou mieux tous les types de discussions conflictuelles. si vous voulez éviter votre prochaine aise de nerfs, ou la prochaine brouille avec votre entourage, apprenez d'urgence io chose la plus importante (hormis savoir lire et écrire) : savoir discuter avec les autres

  • Les bonnes manières échappent encore à la mondialisation : on se salue différemment à Pékin et à New York, certains gestes flatteurs chez nous sont injurieux ailleurs, on reçoit les cadeaux ici d'une main, là des deux, les chrysanthèmes ne sont pas des fleurs de cimetière sur tous les continents, les heures de repas relèvent de spécificités nationales, et il est fortement déconseillé d'offrir une pendule à un Chinois.
    Faut pas, faux pas : un guide ludique du savoir-vivre pour apprendre ce qu'il ne faut ni dire ni faire à l'étranger.

  • Depuis trente ans, le culte du marché a dominé le discours politique. État modeste, impôts limités, déréglementation et libre-échange sont devenus les maîtres mots de ce dogme dont le succès fut tel qu'il a fini par faire de plus en plus d'apôtres au sein de la gauche. Or, à l'aube du XXIe siècle, nous assistons en Amérique à un drôle de chassé-croisé idéologique. Au moment où la gauche moderne a presque achevé sa conversion au marché libre, la droite conservatrice a définitivement abandonné cette idée. Galbraith montre comment, des années Reagan aux années Bush, la droite au pouvoir a transformé les États-Unis en république-entreprise où l'économie n'est pas régie par les marchés mais par une coalition de puissants lobbies industriels. Ces derniers sont soutenus par un État prédateur qui, loin de limiter l'emprise du gouvernement sur l'économie, entend bien au contraire l'approfondir pour détourner l'action et les fonds publics au profit d'intérêts privés. Si le discours officiel est resté libéral, c'est précisément pour masquer cette forme perverse d'étatisme. La nouvelle gauche libérale s'est laissé contaminer par le culte du marché libre qui n'a jamais été qu'un mythe instrumentalisé par ses promoteurs. Elle serait bien inspirée de se désintoxiquer et de comprendre enfin que les marchés n'apporteront aucune solution à la crise contemporaine, à la pauvreté, aux inégalités, à la crise écologique, tous ces défis qui appellent au contraire la planification, le contrôle public de la répartition des revenus et du financement de l'économie.

    « Galbraith montre comment briser l'emprise magique des conservateurs sur les esprits de gauche. » Joseph Stiglitz, prix Nobel d'économie.

  • A partir d'un travail d'enquête très approfondi sur quatre pays d'Amérique latine, cet ouvrage propose une analyse concrète des phénomènes de " mondialisation " : il offre une description précise des réseaux personnels et professionnels qui permettent la diffusion internationale de nouvelles politiques et d'institutions étatiques plus conformes aux exigences du marché international et d'une hégémonie politique nord-américaine.
    Les ressorts de cet impérialisme symbolique sont à la fois antagoniques et complémentaires. Il s'appuie sur la science des " Chicago Boys ", dont les prix Nobel d'économie ont contribué à légitimer les politiques néo-libérales de Pinochet ; mais il se nourrit aussi d'un idéalisme politique et social, qui s'est employé à dénoncer les abus de ces dictatures militaires en se réclamant des droits de l'homme.
    Sur fond de guerre froide et d'âpres luttes pour le pouvoir, le Chili et l'Argentine sont devenus ainsi le laboratoire explosif d'une modernité politique, qui se sert d'arguments scientifiques et idéologiques pour imposer un nouvel ordre universel, qualifié - de manière appropriée - de " consensus de Washington ".

  • Si les Chinois devaient consommer autant de papier et d'automobiles que les Américains, la Chine à elle seule utiliserait plus de bois et de pétrole que le monde n'est capable d'en produire. On sait bien que la généralisation de notre modèle de croissance est matériellement impossible. Mais aujourd'hui, plus qu'une inéluctable pénurie de ressources naturelles, les spécialistes redoutent surtout que nous soyons encore en mesure d'en consommer assez pour rendre la planète invivable. Peut-on échapper à l'impasse écologique où nous conduit un mode de développement fondé sur l'accumulation et la consommation matérielle? Les écologistes radicaux soutiennent que la seule issue de secours consiste à nous engager au plus vite sur la voie de la «décroissance». Devons-nous vraiment renoncer aux transports internationaux, aux grands magasins, au réfrigérateur et au téléphone portable pour survivre? Telle est en réalité la question vitale du XXIe siècle. Quoique sans concession sur les impasses de notre mode de développement, ce livre ouvre une alternative à la décroissance et délivre une bouffée d'optimisme crédible. Si nous acceptons la révolution mentale qui consiste à repenser l'économie en fonction de l'environnement, et non l'inverse, nous disposons dès aujourd'hui des moyens techniques nécessaires pour un développement durable. Les nouvelles technologies, les énergies renouvelables et non polluantes, les politiques de la ville, la reforestation, entre autres, sont autant de pistes aujourd'hui connues, expérimentées et maîtrisées qui dessinent la route vers une éco-économie, une économie écologique et soutenable. Ce livre dresse la carte et le mode d'emploi d'une telle route.

  • Mémoires de crise

    Ben S. Bernanke

    • Seuil
    • 8 Octobre 2015

    Bernanke s'est retrouvé au poste de commande clé (de 2008 à 2014), face à la plus grande crise financière et économique internationale depuis celle de 1929. Il a eu à décider de sauver ou non la Banque Lehman-Brothers, dont la faillite a mené la finance mondiale au bord du gouffre. Il a du ensuite mener des politiques monétaires pas du tout orthodoxes pour sauver l'économie américaine. Il a été impliqué dans toutes les discussions internationales pour tenter de coordonner la gestion de la crise, notamment avec les dirigeants européens et la Banque centrale européenne. Il livre ici le récit vivant d'une crise vécue de l'intérieur, au cour du système de gouvernance de l'économie mondiale.
    Excellent pédagogue, il a aussi le souci d'expliquer, de justifier et d'évaluer les politiques menées face à cette crise. La Lehman Brothers aurait-elle pu être sauvée ? Quelles sont les causes de cette crise ? Quelles leçons en tirer ?
    Ses choix politiques comme ses prises de position sont controversés en Europe. Tantôt encensé pour son interventionnisme efficace, tantôt contesté comme le défenseur d'un système économique dont il nie la responsabilité. Son analyse désormais libérée de toute obligation de réserve est attendue et sera assurément débattue par les économistes français.

  • Cet « Opus » rassemble six essais de Galbraith, publiés dans les 20 dernières années de sa vie. Si l'on peut définir l'hétérodoxie en économie comme le refus de la doxa simpliste des néolibéraux anglo-saxons et le développement d'une analyse plus complexe, qui intègre l'héritage de Smith, Marx, Veblen et Keynes, alors le testament intellectuel livré dans ces essais est une riche illustration de cette approche. Et ce, dans trois directions. 1°) La relecture de l'histoire. L'Économie en perspective (1987) retrace le parcours de la pensée économique depuis Aristote, en la resituant dans son contexte politique et culturel. C'est là un outil pédagogique original pour l'étudiant et passionnant pour le citoyen, tant la lecture en reste aisée et vivante. Dans Voyage dans le temps économique (1994), Galbraith réalise le même tour de force de synthèse et de clarté en racontant l'histoire économique et politique du monde au XXème siècle. 2°) La critique et la refondation de la démocratie. Anatomie du pouvoir (1983) propose une analyse originale des sources et des instruments du pouvoir politique et montre notamment leur mutation vers des formes qui privilégient la manipulation psychologique et le rôle des grandes organisations. La République des satisfaits (1992) est une critique radicale de la démocratie américaine où s'installe la domination des riches satisfaits d'eux-mêmes, et où la politique est impuissante à représenter et défendre les intérêts des classes populaires. 3°) La critique et la refondation du capitalisme et de l'économie de marché. La Brève histoire de l'euphorie financière (1990) démontre et raconte l'inéluctable propension du capitalisme à engendrer des crises elles-mêmes nourries par la spéculation. Pour une société meilleure (1996) tente de dessiner une alternative : une économie où la réduction de inégalités et la cohésion sociale sont compatibles avec un capitalisme régulé.

  • Le célèbre économiste John Kenneth Galbraith a eu le privilège d'être recruté par Franklin Delano Roosevelt en 1934 pour la mise en oeuvre du New Deal, puis il a joué un rôle vital au sein du gouvernement américain, à titre de vice-président du Bureau de la gestion des prix.
    Ce poste, de même que ses relations avec Eleanor Roosevelt, a marqué le début des liens étroits que Galbraith a entretenus avec de nombreux dirigeants politiques qui ont façonné l'histoire de ce siècle : Harry Truman, John et Jackie Kennedy, Nehru, Lyndon Johnson, Pierre Elliott Trudeau... Galbraith propose ici un récit hautement personnel des événements dont il a été témoin. Il rapporte les propos de F.D.R.
    Sur la Dépression et la Seconde Guerre mondiale, ceux de John Kennedy, qui se remémore les étapes du parcours qui l'a mené jusqu'à la Maison-Blanche, ceux de Jackie, qui porte des jugements très lucides sur l'entourage du président. Enfin, Galbraith esquisse le paysage politique des soixante-cinq dernières années avec la subtilité, l'humour et le style qui caractérisent l'un des observateurs les plus brillants de notre époque.

  • La " troisième voie " est un objet politique non identifié.
    Objet de répulsion pour les uns, au nom de la préservation des valeurs traditionnelles de la gauche, ou gage de modernité pour les autres, au nom du dépassement du clivage gauche-droite, elle est soumise à une vigoureuse querelle des intentions depuis son apparition sur la scène politique européenne au milieu des années 1990. Son identification avec la politique menée par le gouvernement de Tony Blair depuis 1997 n'est pas pour rien dans la cristallisation du débat.
    Qualifié tour à tour de néothatchérien et de social-libéral, notamment en France, le Premier ministre britannique a surpris, séduit ou agacé selon l'utilisation politique que l'on a voulu faire de son action. Pourtant la " troisième voie " ne se résume pas à son instrumentalisation idéologique. Elle est aussi une clef d'accès au monde actuel dont les bouleversements économiques, sociaux, culturels, écologiques et scientifiques soulèvent des questions incontournables : quelle mondialisation voulons-nous ? Comment vivre dans la " société du risque " ? Comment préserver son identité tout en s'ouvrant à la différence ? Pour Anthony Giddens, figure éminente des sciences sociales contemporaines, le débat critique qui s'est amorcé autour de l'idée d'une " troisième voie " entre capitalisme libéral et socialisme d'Etat peut déboucher sur des réponses novatrices à ces questions.
    Pouvoir lire, dans le texte et pour la première fois en français, ceux qui ont réinventé la " troisième voie " ne peut que contribuer à éclairer les débats qui animent notre propre société. C'est tout particulièrement le cas pour la gauche, en Europe et au-delà, une gauche dont le " savant " Giddens et le " politique " Blair se réclament tout en esquissant ses nouveaux contours pour le siècle qui s'ouvre.

  • Sur un ton léger, non sans humour et avec un grand talent de vulgarisateur, l'étoile montante de l'économie hétérodoxe anglo-saxonne démolit 23 contre vérités économiques continuellement diffusées par le discours dominant et les médias, 23 mythes à propos du capitalisme contemporain.
    On découvre ainsi que : les marchés libres n'existent nulle-part ; les politiques de libre-échange n'ont jamais sorti un pays de la pauvreté ; la firme globale apatride est une légende, l'invention du lave-linge a bien davantage changé le monde que celle d'Internet ; il nous faudrait des marchés financiers moins efficients et non pas davantage ; on a pas besoin de bons économistes pour mener de bonnes politiques économiques ; nous ne sommes pas dans une économie post-industrielle ; enrichir les riches n'enrichit pas les autres ... et encore deux ou trois autres choses !

empty