Éditions Philippe Rey
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France, terre d'immigration - Treize siècles de présence du Maghreb, de l'Egypte et de l'Orient
Collectif, Naïma Yahi, Pascal Blanchard, Nicolas Bancel, Yvan Gastaut
- Éditions Philippe Rey
- Document
- 2 Janvier 2025
- 9782384822119
Du début du VIIIe siècle jusqu'au premier quart finissant du XXIe siècle, les relations nouées par la France avec les populations issues du monde maghrébo-oriental furent parfois conflictuelles, parfois fusionnelles, mais jamais rompues, tout en restant méconnues encore aujourd'hui. Dans cet ouvrage ambitieux, plus d'une trentaine de spécialistes unissent leurs savoirs pour explorer sur le temps long la permanence de ces liens avec une aire culturelle aux frontières mouvantes à travers l'histoire, et qui s'étend sur une vingtaine de pays du pourtour méditerranéen, des côtes de l'Atlantique à la Turquie, de l'Afrique du Nord à l'Arménie, du Liban au Sahara, de la péninsule arabique à l'Égypte.
Ce récit est riche d'une histoire forte des liens tissés avec ces nations et leurs populations, mais aussi des mouvements migratoires entretenus avec l'Hexagone, qui se densifient à partir du XIXe siècle et se développent au siècle suivant, notamment en provenance du Maghreb, d'abord d'Algérie puis de Tunisie et du Maroc.
Génération après génération, ces nouveaux arrivants diversifient la vie politique, sportive, économique, artistique et littéraire de la société française. Ce métissage n'est pas le fruit d'une secousse ponctuelle, mais bien le résultat de treize siècles d'histoire commune, faisant de la France une terre d'immigration. -
Un jour, je demande à mon plus ancien ami :
« Éric, tu as bien conscience que moi, je suis noir ?
- Ouais.
- Mais si moi, je suis noir, toi, tu es quoi... ?
- Ben, je suis normal ».
Ce drôle de mot, « normal », a été pour moi comme un détonateur. J'ai réalisé brutalement que les Blancs ne se voient pas blancs et, plus largement, qu'ils n'ont pas conscience de la position de domination dans laquelle l'histoire les a placés. Pourtant, quand on leur demande : « Est-ce que vous aimeriez être traités comme la société traite les personnes noires ? », tous sans exception répondent : « Non. » C'est bien qu'ils savent. Mais que savent-ils vraiment ? Et pourquoi l'acceptent-ils ?
De ces interrogations est né cet essai, où j'essaie de décrypter la manière dont la supériorité blanche s'est enracinée dans les esprits au fil des siècles, au point de sembler « aller de soi » encore aujourd'hui. C'est cela, la pensée blanche : je parle, je signifie aux autres ce qu'ils doivent être, mais personne n'est autorisé à parler de moi. La longue domination des hommes sur les femmes fonctionne selon le même principe.
Ce livre revisite tout d'abord certains pans de l'histoire : les conquêtes coloniales, l'esclavage, les empires, le Code Noir, l'instrumentalisation de la science et de la religion, la post-décolonisation et le pillage des ressources naturelles, le vol du patrimoine africain... Il examine les mécanismes intellectuels invisibles qui assoient la domination des Blancs. Il désigne le racisme ordinaire de nos sociétés, tissé d'une succession de petits faits parfois connus, parfois pas du tout : joueurs de football noirs accueillis par des cris de singe, discriminations à l'embauche, contrôles policiers au faciès, politique de « quotas » des minorités...
Pour autant ce n'est pas un livre « anti-Blancs » : il ne s'agit pas pour moi de pointer quiconque du doigt. Je ne demande qu'une seule chose : qu'on ouvre les yeux avec honnêteté et lucidité sur des faits. Mon rêve est que nous soyons capables d'affronter les problèmes sans préjugés, comme des femmes et des hommes qui descendent tous du même ancêtre. Ce livre entend participer à sa manière à la libération des esprits pour que nous puissions un jour dépasser les couleurs de peau, pour finir par nous considérer comme ce que nous sommes : des êtres humains.
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« Nous devons reprendre l'ouvrage. Nous, la Gauche. En renouant avec notre identité : refaire de la justice sociale la colonne vertébrale des politiques publiques ; reprendre en charge la question démocratique ; penser la culture ; retisser les liens de solidarité internationale avec les travailleurs, les déshérités, les femmes opprimées, les enfants exploités, les croyants et les incroyants persécutés, les victimes des traites, des guerres, des misères, des catastrophes. Et assumer tout cela tête haute. » Ch. T. Dans une langue éblouissante, Christiane Taubira s'indigne des inégalités et des violences sur notre planète, s'attaque aux idées dangereuses des extrêmes, critique l'invocation permanente du concept de crise qui assoit la domination des puissants, identifie les règles de vie commune dans une société laïque, redonne leur sens aux mots si souvent dévoyés aujourd'hui, trace les axes d'un combat urgent. Un livre lucide et engagé, un livre d'espoir porté par le souffle d'une citoyenne de la Terre qui ne peut vivre sans exaltation ni s'accommoder du monde tel qu'il lui est donné.
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Refusons l'inhumain ! les écrivains aux côtés des migrants
Collectif
- Éditions Philippe Rey
- 25 Mai 2022
- 9782848768212
Comment rester sourd aux voix du monde quand elles crient à nos portes, agitent nos sociétés dans leurs tréfonds, nous interpellent sur nos valeurs ?
Patrick Chamoiseau et Mélani Le Bris Vingt-trois écrivains racontent des histoires singulières de migrations, reviennent sur des décennies de barbarie, s'insurgent contre le sort statistique réservé aux migrants. Ils dénoncent un récit national qui reste inchangé et qui exclut une partie majeure de notre histoire ; ils appellent à reconnaître avec dignité le visage que le migrant donne à voir, celui de l'humaine condition.
À quel avenir nous préparons-nous, quand les scientifiques nous annoncent que notre planète se meurt ? Quand on prévoit que, par millions, des réfugiés climatiques demain afflueront et se joindront aux réfugiés de guerre qui se pressent déjà aux frontières ? Textes de fiction, tribunes, poèmes et instants de vie, ces écrivains nous interpellent : il est urgent de choisir entre le chacun pour soi généralisé, et l'invention de solidarités nouvelles. Face aux drames qui se jouent dans le monde, plus que jamais, refusons l'inhumain, osons l'hospitalité !
En acceptant que la totalité de leurs droits soit reversée au Gisti (Groupe d'information et de soutien aux immigrés), ces auteurs accomplissent un acte artistique d'engagement, affirmant leur volonté de contribuer à un monde plus altruiste, animé par une éthique active de la relation. -
Reprendre le contrôle de nos vies
Collectif, Eric Fottorino
- Éditions Philippe Rey
- Les 1ndispensables
- 2 Juin 2022
- 9782848769523
Comment expliquer que tant d'entre nous se sentent oppressés, assommés, débordés par le sentiment de perdre le contrôle ? Ce nouveau volume des 1ndispensables se penche sur ces mécanismes qui finissent par rendre nos vies aussi stressantes que machinales : emplois du temps surchargés, injonctions à la performance et à la rentabilité, confusion entre vie publique et vie privée, règne des écrans et de la pensée numérique... Les textes rassemblés ici offrent des pistes pour reprendre les rênes de notre quotidien et sortir du désarroi contemporain. Une réflexion sur les structures politiques et psychologiques qui peuvent nous étreindre et nous enfermer. Afin de creuser, partout où c'est possible, des poches de liberté.
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Réinventer le travail ; comprendre les bouleversements actuels
Collectif, Eric Fottorino
- Éditions Philippe Rey
- Les 1ndispensables
- 11 Janvier 2018
- 9782848766300
Des points de vue variés et passionnants sur le monde du travail et ses rapides mutations
Le débat sur le revenu universel qui a marqué la dernière campagne présidentielle renvoie à une inquiétude de notre époque liée à la robotisation et à l'uberisation de nombreux secteurs d'activité. Face à la disparition massive des emplois salariés traditionnels, faut-il séparer le revenu des individus de la fonction active qu'ils occupent dans la société ? A travers cette question qui remet en cause les grands équilibres économiques et sociaux, ce nouveau volume des 1ndispensables met en lumière les enjeux juridiques, techniques, mais aussi humains du travail et de ses évolutions. Il analyse la situation réelle du chômage en France comparée à celle de ses grands voisins. Sommes-nous condamnés au chômage ? Certaines générations sont-elles sacrifiées ? Existe-t-il une fatalité des CDD ? Le modèle allemand est-il vraiment meilleur que le nôtre ? Les meilleurs spécialistes répondent à ces questions en compagnie d'écrivains offrant leur vision personnelle et singulière d'un monde du travail en permanente mutation. -
Fraternité ; retisser nos liens
Frans Timmermans
- Éditions Philippe Rey
- 1 Septembre 2016
- 9782848765440
Notre siècle a quinze ans, et semble déjà si négatif aux yeux d'une majorité de nos contemporains : des attaques terroristes à répétition, un secteur financier sans boussole, une mondialisation économique anxiogène pour les classes moyennes, notre planète Terre maltraitée, des tensions internationales qui augmentent et font affluer vers l'Europe des centaines de milliers de réfugiés, cette Europe qui semble elle-même douter de ses institutions au point de voir la Grande-Bretagne décider de les quitter...
Comment répondre à ces défis qui alimentent la peur ? Gémir ou détourner le regard ne servirait à rien. Il faut agir. Nous avons tant de valeurs à défendre, à promouvoir, à aimer. Frans Timmermans, dans un texte engagé, analyse ces dérives. Il rappelle qu'aujourd'hui nous sommes tous interconnectés et que ce lien est la richesse de notre monde.
Ce livre vivifiant, venant d'un haut responsable politique européen qui ne pratique pas la langue de bois, nous appelle à un sursaut, à repousser la tentation de l'indifférence ou des boucs émissaires, à croire de nouveau en notre histoire, nos liens, notre progrès. En 1875, pour Victor Hugo, la liberté était un droit ; l'égalité, un fait ; la fraternité, une obligation. Il est urgent aujourd'hui de le prendre au mot.
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Les regards éclairés de prestigieux intellectuels africains sur le continent et ses perspectives.
En ce début de siècle, l'Afrique apparaît comme l'un des théâtres principaux où se jouera l'avenir de la planète. Pour ses habitants et ses diasporas - tous ceux qui pendant longtemps ont été pris dans les rets du regard conquérant d'autrui -, le moment est propice de relancer le projet d'une pensée critique, confiante en sa propre parole, capable d'anticiper et de créer des chemins nouveaux à la mesure des défis de notre époque.
Il nous a semblé qu'il fallait inventer une plate-forme libre, qui favorisât l'énonciation d'une parole plurielle, ouverte sur le large. C'est pour cette raison que s'est tenue du 28 au 31 octobre 2016 à Dakar et à Saint-Louis-du-Sénégal la première édition des Ateliers de la pensée. Une trentaine d'intellectuels et d'artistes du Continent et de ses diasporas se sont réunis pour réfléchir sur le présent et les devenirs d'une Afrique au coeur des transformations du monde contemporain.
Leurs textes, présentés dans cet ouvrage, traitent de questions liées à la décolonialité, à l'élaboration d'utopies sociales, à la condition planétaire de la question africaine, à la quête de nouvelles formes de production du politique, de l'économique et du social, à l'articulation de l'universel et du singulier, à la littérature et à l'art, à la reconstruction de l'estime de soi, à la pensée de l'en-commun... Des regards croisés qui éclairent d'un jour nouveau les enjeux d'une Afrique en pleine mutation, ouverte à l'univers de la pluralité et des larges.
Ce livre est un appel général et pressant à reprendre de vieux combats jamais clos et à en engager d'autres qu'appellent les temps nouveaux.
Achille Mbembe et Felwine Sarr -
Ce que la Covid nous a appris
Collectif, Eric Fottorino
- Éditions Philippe Rey
- Les 1ndispensables
- 12 Mai 2021
- 9782848768724
Le titre de ce nouveau volume des 1ndispensables peut sembler provocant, tant la pandémie a surgi dans nos vies comme une effraction, balayant nos certitudes. Peut-on déjà tirer des enseignements, un an après le premier confinement ?
Et si la Covid n'était pas la cause, mais le révélateur de problèmes préexistants ? C'est une piste soulevée par certaines analyses de cet ouvrage. La pandémie soulignerait les dérives de la mondialisation, de notre système de production et de consommation, et nous rappellerait la nécessité de structures jusqu'alors mises à mal, comme le rôle de l'État, les services publics ou l'importance de l'offre culturelle.
À travers analyses et entretiens, cet ouvrage fait le tour des leçons politiques, économiques, sociales et culturelles que la Covid nous a dispensées. Qu'en sera-t-il demain de la démocratie, de la confiance dans la science et dans les sources d'autorité ?
Les chiffres ne doivent pas nous faire oublier que la pandémie reste une tragédie humaine : c'est pourquoi des écrivains prennent aussi la plume, au travers de textes sensibles, pour questionner l'absolue nécessité du contact humain et nous réapprendre à vivre ensemble.
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Les insurgés de la pauvreté
André Bonet, Michel Bolasell
- Éditions Philippe Rey
- 3 Octobre 2016
- 9782848765525
La situation de pauvreté ne peut être réduit au simple volet monétaire : le pauvre est d'abord celui qu'on n'écoute pas, qui vit dépourvu de travail, souvent de famille, d'affectivité. Il est l'exclu de la relation humaine...
Comment et pourquoi, depuis des siècles, tant de personnes ont-elles choisi de consacrer leur vie à venir en aide aux démunis et à diminuer leur souffrance ?
Depuis les pionniers que furent François d'Assise, Vincent de Paul, Jeanne Jugan et Benoît Labre, jusqu'aux contemporains tels que Dom Helder Camara, Pedro de Madagascar, Julien Lauprêtre, Muhammad Yunus, Coluche, Bill Gates ou le pape François, voici une véritable chaîne de fraternité qui s'est ainsi instaurée au cours des siècles.
Hommes et femmes, croyants ou incroyants, connus et méconnus, issus de différents milieux et des cinq continents, ces insurgés de la pauvreté sont ici décrits dans leurs engagements. Destins exceptionnels de courage et d'altruisme, à méditer pour nous reprendre à espérer. Car, comme l'écrit Jean-Christophe Rufin en préface à cet ouvrage : « Il reste encore beaucoup à inventer, à tenter, à partager. »
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Quel enseignement pour nos enfants ? comprendre les enjeux de l'école
Collectif
- Éditions Philippe Rey
- Les 1ndispensables
- 27 Octobre 2016
- 9782848765679
QUE FAUT-IL APPRENDRE À NOS ENFANTS ? Cette question majeure ne cesse de travailler nos sociétés en profondeur depuis des lustres. À la tête bien pleine, Montaigne préférait jadis une tête bien faite. Mais comment ne pas perdre la tête, précisément, face aux nouvelles technologies qui, des tableaux numériques aux tablettes, accélèrent et dématérialisent les chemins de la connaissance ?
À travers des analyses d'enseignants, de sociologues, d'historiens, de psychanalystes et d'écrivains, cet ouvrage propose un questionnement constructif et prospectif sur les méthodes et les finalités de l'éducation. Initiatives des professeurs, bienveillance envers les élèves, adaptation au niveau de chacun, essais de classes inversées - plusieurs auteurs témoignent des expériences les plus probantes pour éduquer au mieux notre jeunesse. Dans un souci d'apprentissage des savoirs, de ransmission des valeurs de la République, et de combat contre les inégalités sociales que l'école française a trop souvent tendance à aggraver.
Avec ce nouveau volume de la collection des 1ndispensables, l'hebdomadaire Le 1 poursuit son ambition d'expliquer notre époque en éclairant un sujet clé pour l'avenir de notre pays.
Sous la direction d'Eric Fottorino : MICHEL SERRES - ALEXANDRE JARDIN - CEDRIC VILLANI - CAROLE MARTINEZ - NATHALIE MONS - CHRISTIAN BAUDELOT - LOUP WOLFF - ROBERT SOLÉ - DANIEL PENNAC - DAVID FOENKINOS - MICHEL ONFRAY - LOUIS CHEVAILUER - GENEVIÈVE BRISAC - SERGE HEFEZ - NICOLE FERRONI - QABRTELLE TULOUP - SOPHIE MAZET - LAURENT GREILSAMER - PAUL VEYNE - MANON PAULIC - JEAN VIARD
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Les nouveaux combats des femmes
Collectif, Eric Fottorino
- Éditions Philippe Rey
- Les 1ndispensables
- 27 Septembre 2018
- 9782848766935
Il y aura eu un avant et un après. Avant l'affaire Weinstein et après ce moment devenu planétaire où des femmes ont balancé « leur » porc comme on déclare son indépendance. Avec force et détermination, violence pour certaines - comme une légitime défense - pour que change enfin le regard des hommes. Cette déflagration a mis à mal un modèle ancien de domination masculine empreint de machisme et de toute-puissance. Elle intervient au moment où nos sociétés reconnaissent davantage les femmes dans leur rôle économique et politique, au sein de l'entreprise et des mouvements citoyens. Pour autant, il reste encore un long chemin à parcourir pour que le genre cesse d'être discriminatoire, tant pour les salaires que pour l'attribution de responsabilités de premier plan. Sans oublier que les clichés sexistes ont la vie dure. Les femmes ne sont pas totalement délivrées du mâle mais elles affirment chaque jour davantage une présence aussi évidente qu'indispensable, dans un combat qui transcende le féminisme des années 1970 pour construire un véritable modèle de société égalitaire.
Pour réfléchir à cette question centrale, ce nouveau volume des 1ndispensables fait appel à des voix multiples venues de la littérature, de la sociologie, de l'économie ou de l'anthropologie, de l'Université comme de l'entreprise.
Pour mettre en lumière les ressorts complexes d'un mouvement inexorable qui colore ce début de XXIe siècle.
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Notre monde suffoque. Tandis que la terre est exploitée sans limites par une course effrénée aux richesses, de trop nombreuses populations vivent dans une grande pauvreté, subissent discriminations ou violences... Que l'on se situe d'un point de vue social ou environnemental, l'urgence s'impose de construire un monde qui établisse de nouvelles relations avec le vivant. C'est là un des défis majeurs du XXIe siècle.
Cet essai appelle à porter sur la Nature un regard nouveau, radicalement différent de celui qui a permis à la Modernité occidentale de piller une large part de la planète et de l'humanité. Il nous invite à réaliser que nous ne sommes pas hors de l'univers ni dans l'univers : nous sommes l'univers. Séverine Kodjo-Grandvaux plaide pour une nouvelle manière d'être au monde en vibrant avec le tout-vivant. Pas seulement en harmonie avec le cosmos, mais surtout en éveil, à l'écoute, dans l'attention. Entrer en résonance et transformer l'écologie en une échologie. Alors pourra-t-on sortir de soi et habiter pleinement le monde. Pour être, enfin. Et devenir vivants.
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Le parcours édifiant d'un jeune homme depuis les quartiers difficiles jusqu'à l'Assemblée nationale, dépassant les préjugés de classe et de couleur.
" Si tu n'es pas blanc, tu es considéré moins français que les autres. Tu dois te justifier d'être là, ou dire merci. Pour ma part, je n'ai pas à m'intégrer, je suis né ici. "
Ce jeudi 3 novembre 2022, élu député depuis cinq mois, Carlos Martens Bilongo s'exprime pour la première fois dans l'hémicycle de l'Assemblée nationale. Il n'a pas le temps d'aller au bout de sa question à la Première ministre, interrompu par une insulte raciste : " Retourne en Afrique ", venue des rangs du Rassemblement national. Sa parole est coupée par la violence verbale au coeur même de la démocratie. Un citoyen français noir n'aurait-il pas le droit de demeurer sur notre sol, et encore moins d'être élu de la nation ?
Mais à trente-deux ans, la vie de Carlos Martens Bilongo ne se résume heureusement pas à cet épisode. Comment ce jeune homme, issu de Villiers-le-Bel, a-t-il rejoint la place 604 du Palais-Bourbon ? Comment ce garçon de parents congolais protestants, en partie élevé par des prêtres catholiques belges, a-t-il su déjouer les pronostics de ses professeurs qui lui présageaient la prison, " comme les autres de son quartier " ?
Enfant du bitume des villes populaires, Carlos Martens Bilongo ne se conforme pas aux clichés sur la banlieue. N'éludant aucune des embûches sur le chemin de vie d'un jeune Français noir, il raconte son histoire faite de luttes, de stratégies de survie, d'intelligence du terrain. Fort de son parcours, sans esprit de vengeance ou de revanche, il appelle la France de demain à tirer sa richesse des origines de tous ses citoyens. -
Nos racines fraternelles : comment les villes-monde préfigurent la France de demain
Patrick Haddad
- Éditions Philippe Rey
- Document
- 7 Septembre 2023
- 9782384820405
Un livre qui donne espoir en la France de demain, par un maire très respecté.
Il y a les villes mondiales, celles qui jouent un rôle stratégique à l'échelle planétaire ; et il y a les villes-monde, forgées par les mouvements migratoires, riches d'enseignements sur les transformations de notre pays. Tandis qu'on a coutume d'y voir tous les maux de la société, elles concentrent une partie significative de la jeunesse et donc de l'avenir de la nation. Faut-il forcément s'inquiéter de cet avenir ?
Bâtir un projet de société est devenu un véritable défi dans un pays profondément divisé, où le vent identitaire souffle, le socle républicain vacille et les inégalités progressent. Alors que l'action publique ne fait plus sens, les relégués du système rejoignent les extrêmes. Deux choix s'offrent ainsi à nous : regarder avec nostalgie une France qui ne reviendra pas, ou poser un constat lucide, construire un récit national et conduire des politiques pertinentes.
Une partie de ce récit viendra des quartiers populaires, car ils sont aussi de formidables espaces de réussite. Que nous apprennent en particulier l'histoire et la réalité de ces villes-monde, notamment Sarcelles, qu'administre l'auteur, cité du futur des années 1950 et symbole de la banlieue cosmopolite ? À l'heure où tout défile à grande vitesse, Patrick Haddad, grâce à son expérience de maire et son engagement local de plus de vingt-cinq ans, témoigne, analyse sur le temps long, réaffirme les valeurs républicaines et détaille les priorités politiques. Avec la conscience égalitaire qui fonde notre modèle, il nous appelle à agir sans angélisme ni déclinisme, mais avec l'optimisme de la volonté. Sans oublier nos racines fraternelles. -
Où va l'agriculture ?
Collectif, Eric Fottorino
- Éditions Philippe Rey
- Les 1Ndispensables
- 14 Février 2019
- 9782848767239
Cette activité ancestrale continuera-t-elle à structurer nos sociétés modernes, à retenir des familles à la terre tout en fournissant aux populations citadines une nourriture à la fois abondante et saine ? Dans ce nouveau volume des 1ndispensables, sociologues, économistes, écrivains et agronomes interrogent l'activité agricole, ses transformations nécessaires comme ses contraintes à la fois écologiques et financières. Alors que les fermes familiales disparaissent au profit des fermes-usines, l'agriculture biologique reste encore confinée dans des espaces restreints. À force d'uniformiser les modèles agricoles et les productions, les politiques publiques ont accéléré une mutation qui condamne la notion même de diversité. Si des initiatives naissent, plus respectueuses des cycles naturels - la permaculture -, si les individus, quand ils en ont les moyens, sont plus soucieux de leur santé en choisissant leur alimentation, la course à l'agriculture intensive et productiviste n'est pas terminée. Derrière les crises qui se succèdent - crise du lait, crise du porc -, ce sont des choix de société qui se profilent, parfois bruyamment quand se lève la colère paysanne.
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Comment vivre mieux ?
Collectif, Eric Fottorino
- Éditions Philippe Rey
- Les 1Ndispensables
- 19 Septembre 2019
- 9782848767529
C'est devenu une obsession de nos sociétés modernes : comment vivre mieux au quotidien, à son travail, en vacances, à tous les âges de l'existence.
À travers de nombreuses enquêtes et analyses, entretiens et reportages, ce nouveau volume des 1ndispensables nous ouvre les voies et moyens de reprendre la main sur notre vie, à commencer par notre temps. Comment s'y prendre pour ralentir, comment se débarrasser de la sensation de fatigue, voilà des questions clés qui induisent d'autres possibles : sur le sommeil, sur l'alimentation - faut-il manger bio, local, végétarien, vivre sans sucre, sans plastique ? -, sur nos parcours professionnels. Faut-il changer de vie, de quelle manière s'y prendre, à quel moment ?
Des auteurs aussi différents que la navigatrice Isabelle Autissier ou le sociologue Jean Viard, le médecin Patrick Leloine, le physicien Étienne Klein ou la journaliste Mathilde Golla qui a essayé de vivre cent jours sans se rendre en supermarché apportent leurs expériences et leurs réponses.
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Les Gilets jaunes, et après ?
Collectif, Eric Fottorino
- Éditions Philippe Rey
- Indispensables
- 7 Novembre 2019
- 9782848767673
QUI SONT LES GILETS JAUNES ? Pourquoi ce mouvement populaire, apparu en novembre 2018 sur fond de colère fiscale, a-t-il autant bousculé le pays ? Ce fait politique inclassable est-il appelé à durer ? Les analyses rassemblées dans ce nouveau volume des 1ndispendables montrent que le feu continue de couver sous la braise. Sociologues, politistes, historiens, spécialistes de l'opinion, écrivains et démographes, chacun s'emploie à éclairer un pan de ce phénomène qui en dit long sur les fractures françaises. Fractures territoriales, fractures économiques, fractures de classe dans une époque où ni les partis ni les syndicats ne sont en mesure de proposer un projet commun. « Rien ne sera réglé sans un travail de resocialisation », affirme l'économiste Daniel Cohen. Le mouvement a d'ores et déjà eu des effets politiques profonds sur la conduite des affaires publiques, comme l'indique Brice Teinturier. Quelles surprises nous réservet-il encore ? S'il a enclenché un mode de gouvernement plus participatif avec les citoyens, ce ne sera pas la moindre de ses victoires.
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La laïcité est une chance ; l'expérience de l'armée du salut
Collectif
- Éditions Philippe Rey
- 2 Avril 2004
- 9782848760193
En 1865, sur fond de Révolution industrielle et de paupérisation ouvrière, en Angleterre, le pasteur William Booth mobilise ses fidèles pour lutter contre l'immense misère matérielle et morale. Considérant qu'il n'y avait pas de temps à perdre en conciliabules, il crée une organisation fortement hiérarchisée, avec son commandement, ses objectifs, son uniforme : ce sera l'Armée du Salut. Cet homme, qui porta toute sa vie la parole de l'Évangile, reconnaissait qu' « on ne peut prêcher à un homme qui a les pieds mouillés ». En affirmant ainsi que le salut de la personne tenait autant à sa spiritualité qu'à l'accès à des conditions de vie décentes, il plaçait l'action sociale au coeur de son oeuvre d'évangélisation.
C'est sa fille, Catherine, surnommée familièrement « la Maréchale », qui en sera la pionnière en France, dès 1881, ignorant les détracteurs qui chahutent les salutistes et leurs « drôles d'uniformes ».
Aujourd'hui, l'oeuvre commencée par William Booth est implantée dans 109 pays à travers le monde. En France, l'Armée du Salut, congrégation privée à l'identité religieuse, a opéré une révolution en son sein, en 2000, en créant une fondation laïque reconnue d'utilité publique. Avec le concours de 1 650 professionnels salariés et 3 000 bénévoles, la Fondation accueille, dans 44 établissements, des adultes en insertion, des enfants et adolescents, des personnes handicapées, des personnes âgées. Elle est la deuxième plus importante fondation de l'Hexagone après la Fondation de France. Cette réorganisation se poursuit autour d'une grande question : comment prendre en compte la diversité confessionnelle et les pratiques culturelles des uns et des autres, en réaffirmant l'égale dignité de l'être humain, au coeur de l'anthropologie chrétienne ?
L'Armée du Salut a choisi de voir en la laïcité une opportunité de poursuivre son oeuvre, sans pour autant renier ses racines. En relatant cette expérience unique, cet ouvrage, réunit des entretiens avec des officiers et des professionnels de l'action sociale. Il constitue un apport intéressant au débat sur la laïcité qui divise la société, alors qu'une loi est votée au Parlement et que l'on s'apprête à commémorer le centenaire des lois de la séparation de l'Église et de l'État en France.
Sans fard ni faux-fuyants, les intervenants racontent leur quotidien et montrent qu'au-delà des problèmes multiples que pose la coexistence de personnes de différentes confessions ? voire agnostiques ou athées ?, la laïcité peut être vécue comme une véritable chance.
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Ce pourrait être un re cueil de nouvelles. Ni fictifs ni réalistes, simplement réels, ces textes portent chacun le destin d'un passant dans le siècle. Ils fabriquent ensemble le roman vrai de ces inconnus, victimes ou héros, acteurs ou témoins, le plus souvent déracinés, pris dans la tourmente d'un grand drame du XXe siècle, happés sans le vouloir au coeur de l'Histoire. Autant de traversées singulières qui nous rappellent notre destin collectif. Car de Vukovar à La Havane, de Phnom Penh à Santiago en passant par Brazzaville, Kaboul ou Neuilly-sur-Marne, c'est une part de nous-mêmes que les rescapés nous racontent. Ils sont notre monde et notre temps.
Ils ont la marque ambiguë des moins malchanceux du naufrage. Outre leurs propres blessures, le chagrin de ceux qui n'oublient pas : ni le pays qu'ils ont dû quitter, ni tous ceux qui ont sombré, ni les morts qu'ils ont trop vus. Ils donnent aussi à penser ce qu'ils ont vécu, l'inhumanité du siècle.
C'est le cas d'Hartmut, qui réussit son évasion spectaculaire du Mur de Berlin, avant d'échouer en prison ; celui de Lucile, qui échappe par hasard au génocide des Khmers rouges ; de Carmen, qui survit à la torture à Santiago du Chili ; de Bardin, miraculé d'un peloton d'exécution au Congo ; de Tatiana, la jeune Moldave forcée à la prostitution par la mafia albanaise ; de Jeanine, tombée brusquement dans la misère pendant l'hiver 1954, à Neuilly-sur-Marne; ou encore de Mme Poireau, de Rabi et de « Râteau », ces héros ordinaires de la Résistance.
Ces 17 chapitres, à l'exception d'un ou deux inédits, ont été publiés dans Le Monde - et notamment cet été, pour six d'entre eux, dans une série intitulée « Inconnus dans l'Histoire ». Ils paraissent ici dans des versions remaniées et enrichies.
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L'invention sociale ; à l'écoute de Bernard Schwartz
Louise L. Lambrichs
- Éditions Philippe Rey
- 9 Mars 2006
- 9782848760537
« Depuis cinquante ans, toutes les actions que j'ai menées ont été soutenues par cette visée sociale : réduire l'inégalité des chances. Parce que si l'égalité des chances n'existe pas - et l'admettant, je suis plus pragmatique qu'idéaliste -, je ne puis me faire aux inégalités telles qu'elles existent, aux injustices qu'elles entraînent, et je refuserai toujours de m'y résigner. » Bertrand Schwartz (aujourd'hui âgé de 86 ans) n'a cessé d'inventer de nouvelles démarches pour lutter contre les inégalités sociales. Tous ceux qui ont participé à ses recherches et actions en ont été profondément marqués et peu de gens ont, comme lui, contribué à démontrer que l'exclusion sociale n'est pas une fatalité.
Ses initiatives ont débuté dans les années cinquante, lorsqu'il fut placé à la direction de l'École des Mines, dont il révolutionna l'enseignement en remplaçant un programme rigide de cours magistraux par une organisation plus souple, impliquant les élèves eux-mêmes. Le ton Schwartz est donné : il fera de l'écoute et de l'élaboration collective les piliers de sa démarche. De nombreuses missions lui seront confiées (réorganisation de la Préfecture de Bordeaux, création de l'Institut national de formation à Nancy, etc.) ainsi que des rapports dont celui qu'il remit au Premier ministre, Pierre Mauroy, en 1981, sur l'insertion sociale et professionnelle des jeunes en difficulté, le fameux « Rapport Schwartz » qui fait encore référence aujourd'hui pour bon nombre de professionnels de la formation continue. Il a reçu, en 1989, le prestigieux prix Grawemayer, que l'on qualifie de prix Nobel de l'Éducation.
Louise L. Lambrichs connaît bien Bertrand Schwartz et a souhaité récapituler, grâce à des entretiens et des analyses personnelles, l'esprit de sa démarche, pour permettre au lecteur de s'en imprégner voire de s'en inspirer. Comment s'y prendre pour initier un changement social, et donner à chacun toutes ses chances ? L'expérience de Bertrand Schwartz constitue une réponse vivante à cette question très actuelle, et ouvre de nouvelles perspectives.
L'auteur :
Philosophe de formation, Louise L. Lambrichs est l'auteur de plusieurs romans (dont Journal d'Hannah), mais aussi d'essais ayant trait à la médecine et à la maladie, à l'histoire et à la vérité historique. Nous ne verrons jamais Vukovar est paru en janvier 2005.
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Don Quichotte en banlieue ; les combats d'une jeune enseignante
Sophie Audoubert
- Éditions Philippe Rey
- 28 Août 2008
- 9782848761220
Comment est-on arrivé à cette situation où l'on vient vous demander, à vous, enseignant, quelle étrange raison peut vous pousser à vouloir exercer votre mission en banlieue ? À vouloir travailler avec « ces élèves-là » ? Pour un jeune professeur, arriver dans un collège de « quartiers difficiles » est évidemment un choc. Choc de cultures auquel vient rapidement s'ajouter un double - et difficile - constat : l'ampleur des difficultés des élèves et le sentiment de ségrégation qui creuse leur défiance vis-à-vis d'eux-mêmes et de l'école.
Enseigner en banlieue, c'est lutter chaque jour contre ces deux réalités si étroitement liées. C'est convaincre « ces élèves-là » qu'ils ne sont pas, justement, ces élèves-là, qu'ils sont bien des membres à part entière de la société. C'est faire éclater le miroir déformant que notre société leur tend, volontairement ou non. Enseigner en banlieue, c'est être écartelé entre deux mondes qui ne se rencontrent plus, et tout faire pour être un pont, même fragile et rarement emprunté...
Dans un récit fort, aux anecdotes souvent drôles mais tout autant tragiques, cette jeune enseignante nous raconte son métier, la réalité de ce « purgatoire de la République » que sont devenues les banlieues, et l'accablement contre lequel il faut lutter. Car la figure du professeur de banlieue peut être rapprochée de celle de Don Quichotte, cet invincible qui, même continuellement battu, ne se laisse pas décourager...
Sophie Audoubert a voulu ce livre pour qu'on regarde enfin ses élèves « de banlieue » pour ce qu'ils sont : ni « racailles » ni « jeunes issus de l'immigration », mais bien plutôt des enfants de la République. Car c'est bien ce nouveau regard qui les aidera.
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Justice injuste, le scandale d'outreau
Pereira Acacio
- Éditions Philippe Rey
- 24 Septembre 2004
- 9782848760261
Palais de justice de Saint-Omer, mai-juillet 2004. Rarement un procès aura autant passionné les Français. Rarement, surtout, son issue les aura autant choqués.
L'affaire avait démarré en 2001 : une terrible histoire d'inceste et d'abus sexuels à Outreau, commis sur quatre enfants, par leurs parents et un couple de voisins. Les quatre adultes avouent les faits. Toutefois, très vite, sur la base de témoignages des très jeunes enfants-victimes, et dans un climat post-affaire Dutroux, la hantise de " réseaux " pédophiles introduit une paranoïa qui l'emporte sur le simple bon sens. Treize autres adultes seront accusés et mis en examen. Treize vies " brisées " selon les commentateurs du procès car, en plus de l'opprobre qui s'abat sur eux, certains seront incarcérés pendant plus de trois années. Au cours de l'audience, Myriam Badaoui, la mère des enfants et principale accusatrice, avoue avoir menti et demande pardon à ces treize hommes et femmes. Ce revirement spectaculaire laisse croire que le jury sera convaincu que les accusations qui les concernent sont sans fondement. De plus, les neuf semaines d'audience ont permis de nourrir des discussions passionnées sur la place des experts (psychologues et psychiatres) dans le débat judiciaire. Aussi sur la question, essentielle dans ce type d'affaires, de la parole des enfants et sa crédibilité. Pourtant, à l'arrivée, la cour d'assises, tout en innocentant sept d'entre eux, va condamner - parfois lourdement - les six autres.
Verdict incompréhensible, verdict illogique aussi, tant on a du mal à en comprendre le principe et le quantum. Certes, le jury populaire est souverain et ses décisions n'ont pas à être commentées. Faut-il pour autant s'interdire de s'interroger sur ce qui a pu conduire à un tel dénouement, alors même que les débats au procès, riches en rebondissements de toutes sortes, avaient permis de stigmatiser les multiples dysfonctionnements dans l'instruction de cette affaire ? Il n'a pas fallu longtemps pour que, au cours des audiences, des voix s'élèvent, bien au-delà de Saint-Omer, et dénoncent ce qui apparaissait comme un véritable scandale judiciaire. On a parlé de fiasco, de faillite. Fait rare, des ministres se sont même exprimés avant le terme du procès, suffisamment fort pour donner à l'affaire d'Outreau sa dimension exceptionnelle.
Comprendre. Tel est l'objectif de ce livre rédigé dans les semaines qui ont suivi le verdict. Non seulement pour crier une colère, somme toute légitime, ni même pour dénoncer certains agissements, mais pour décrypter dans le détail les tenants et aboutissants d'une affaire qui a fait vaciller sur ses bases l'institution judiciaire. Y aura-t-il un avant et un après Outreau, comme l'a suggéré un avocat ? Seuls le législateur et la justice seront en mesure de répondre à cette question, notamment à la suite du procès en appel prévu au printemps 2005. Pour l'heure, ce qui importe, c'est l'affaire d'Outreau pour ce qu'elle nous enseigne en elle-même des failles intolérables de notre système judiciaire.
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Gabi Mouesca n'a que 22 ans lorsqu'il trouve la prison sur son chemin. Il a déjà à son actif une expérience conséquente des luttes qui secouent son milieu, son époque, son pays. Syndicaliste licencié après avoir occupé son usine pour empêcher un patron peu scrupuleux de la délocaliser juste avant les élections présidentielles de 1981. Mais surtout militant de l'organisation clandestine basque Iparretarrak (" ceux du Nord "), recherché depuis la fusillade d'août 1983 dans un camping des Landes qui a fait un mort (du côté des gendarmes) et un disparu (du côté des militants).
Le 1er mars 1984, la police lui tend un piège. La course-poursuite connaît une issue tragique. Le camarade au volant est tué d'une balle dans le dos et Mouesca doit s'extraire du véhicule en marche. L'atterrissage est rude, à l'ombre pour ce qu'il imagine devoir durer une dizaine d'années.
Il doit déjà plus de quinze ans de prison lorsqu'il s'évade de la maison d'arrêt de Pau en décembre 1986. Dehors la lutte continue. Mais, six mois plus tard, il est à nouveau arrêté dans les Pyrénées.
Cette fois Gabriel Mouesca le sait, il n'est pas prêt de sortir. Il organise la résistance. Il court jusque dans les minuscules promenades du mitard et de l'isolement, passe son bac, suit les études de droit indispensables pour lutter avec les armes de l'ennemi. Il lit, le Che, la Bible, les journaux, les lettres qu'il reçoit comme une grande bouffée d'oxygène. Et surtout il ne se laisse pas broyer par la machine pénitentiaire. Ça tombe bien, dehors l'Observatoire International des Prisons (OIP) voit le jour pour défendre le respect des droits et la dignité des personnes détenues. Son nouveau combat est né.
Une bonne dizaine d'années plus tard, Pierre Pradier, l'improbable parrain venu le rencontrer en prison, l'aide à préparer sa sortie. Ce médecin globe-trotter, passé par le parlement européen, veut faire de l'ancien prisonnier le nouveau chargé de programme en milieu carcéral de la Croix-Rouge française.
Puis c'est la sortie, deux mois avant que ne s'effondrent deux tours new-yorkaises qui emportent dans leur chute les libertés fondamentales des citoyens. Les prisons se remplissent. Désormais Gabriel Mouesca organise la résistance depuis l'extérieur. D'abord responsable du programme prisons de la Croix-Rouge française, il prend au mois de juin 2004 la présidence de la section française de l'Observatoire International des Prisons (OIP). Il milite désormais activement pour faire entrer le droit jusqu'au fond des cellules de toutes les prisons françaises.
À la rentrée 2001, Diane Carron, étudiante en lettres à Toulouse, rejoint le Groupement Étudiant National d'Enseignement aux Personnes Incarcérées (GÉNEPI). À la faveur d'une formation de l'association, elle rencontre Gabriel Mouesca. Après un détour par la criminologie et la science politique, elle met ses études entre parenthèses pour se consacrer à la rédaction de ces entretiens avec celui qui est devenu entre temps son compagnon.